RAYON SUD

Vibrato & notes furtives

Sidney Bechet revient

Pour beaucoup d’entre nous il fut, avec Louis Armstrong et Ray Charles, le grand initiateur de notre amour du jazz. Quelque peu oublié aujourd’hui, certes. Mais, grâce à cette réédition, Sidney Bechet ravive désormais tous les premiers émois musicaux qui ont bercé notre jeunesse.

Après ses premiers enregistrements avec Clarence Williams en 1923 et ses collaborations avec King Oliver ou Bunk Johnson, puis les quatre ans passés à la Revue nègre en compagnie de Joséphine Baker, le clarinettiste et saxophoniste (soprano) Sidney Bechet, eut une vie quelque peu cahotique, rythmée par quelques séjours en prison dus à un tempérament bagarreur. Mais lorsque les sessions de ce recueil se déroulent, à Paris, à partir de 1952, Sidney Bechet est devenu une star en France où il s’était installé en 1949 après son triomphe au Festival de jazz de Paris. Il bénéficie alors du concours de la fine fleur du jazz traditionnel, réunie autour de Claude Luter ou André Réwéliotty. À peine si on distingue une nuance sur la place respective de la spontanéité (chez Luter) et de l’écriture (chez Réwéliotty).

À distance, Sidney Bechet impressionne non seulement par sa dimension de soliste – une puissance expressive cousine de celle d’Armstrong à la trompette – mais par un talent de compositeur qui lui permet d’enchainer des succès extrêmement populaires (à commencer par Petite FleurSi tu vois ma mère ou Jacqueline…). L’énergie et l’engagement déployés lors de ces séances de studio font irrésistiblement penser à des concerts endiablés.

 

 

12 mars 2018