RAYON SUD

Vibrato & notes furtives
mars 5th, 2015

Verdi par Boldoni

Ce magnifique portrait au pastel de Giuseppe Verdi a été tracé par Giovanni Boldini (parfois orthographié Boldoni) en cinq heures, le 9 avril 1886. L’artiste avait peint d’abord un portrait sur toile dont il n’était pas satisfait, et c’est la raison pour laquelle il est revenu sur son ouvrage, propriété aujourd’hui de la Galerie nationale d’art moderne (Villa Borghèse) de Rome. Verdi a alors 73 ans – il lui reste quinze ans à vivre – et le regard d’un homme meurtri par la vie. Jeune père, il a perdu très tôt ses deux enfants, Virginia et Icilio, puis quelques années plus tard son épouse bien-aimée Margherita, enportée en 1840 par une encéphalite.
Selon le musicologue Alain Duault, auteur d’une passionnante série Les petites histoires de la grande musique parue cet été dans le Figaro Magazine, Verdi est dans un état d’extrême abattement. Effondré, seuI, au bord du suicide il sera sauvé par le succès de Nabucco. Ce n’est pourtant qu’avec réticence qu’il avait accepté le livret de cet opera remis par le directeur de la Scala de Milan. Au milieu des feuillets éparpillés, il tombe sur ces vers : “ Va pensiero, sull’ali donate… ” et le miracle de l’inspiration se produit. Le 9 mars 1842, Nabucco triomphe à la Scala.
En cette année du centenaire de la mort de Giuseppe Verdi, cette belle histoire méritait d’être rappelée.