Gen Paul à Montmartre

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Ses amis l’appelaient Gégène ou Popaul, Louis-Ferdinand Céline dans Féerie pour une autre fois  l’a surnommé Jules. Moi je l’ai toujours appelé Gen Paul. J’avais du respect pour lui. Je le considérais un peu comme le père qui m’avait manqué.

Ainsi commence le récit de Chantal Le Bobinnec qui, entre 1950 et 1964, fit partie du cercle des amis du peintre montmartrois né rue Lepic en 1895. Ayant appris à jouer de la guitare avec Alexandre Lagoya qui se produisait au Lapin Agile, elle intéressait Gen Paul qui était passionné de musique et avait joué du cornet à piston au cirque Médrano. C’est ainsi que Chantal entra dans l’intimité du peintre qui, sous un caractère colérique, aggravé par l’abus d’alcool, cachait infiniment de tendresse. Bientôt elle devint une habituée de l’atelier de l’avenue Junot, participant aux repas et aux fêtes les plus folles. Elle y côtoiera une faune typiquement montmartroise mêlant peintres, écrivains, acteurs, compositeurs, et y croisera nombre de célébrités, comme Daragnès, Marie Bell, Fernand Ledoux, Charles Aznavour, Francis Lai, Marcel Jouhandeau, Marcel Aymé,… sans oublier les joyeux musiciens, les francs buveurs et autres personnages pittoresques rompus à l’argomuche ; toute une bohême bon enfant que Chantal restitue avec verve.
Elle retrace l’itinéraire de Gen Paul, enfant de Montmartre, qui se souvenait de Toulouse-Lautrec, de la Goulue et du Désossé, comme du clown musicien qui avait commencé sa carrière au cirque, du soldat parti pour la guerre où, en 1915, il sera amputé d’une jambe, de la révélation de la peinture et des premières œuvres. Et comment ne pas parler de Céline, que Gen Paul rencontra dans les années 1930, et de leur longue amitié ? Amitié tumultueuse qui ne survivra pas à la guerre et aux accusations délirantes de l’écrivain. Enfin comment ne pas évoquer Utrillo, l’autre peintre montmartrois qui, avec Gen Paul, incarna au XXe siècle la poésie de la Butte ? (éd. de Paris – Max Chaleil, présentation de Claude Duneton)

Ciao Venantino !

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Le dernier des grands acteurs populaires du cinéma franco-italien des années 60 a tiré sa révérence. Venantino Venantini n’est plus. Cet acteur italien qui a fait une grande partie de sa carrière en France, est mort à l’âge de 88 ans, ont annoncé mardi les médias de son pays. Son plus grand succès ? « Les Tontons Flingueurs« , la comédie culte de Georges Lautner (1963), dans laquelle il donnait la réplique aux regrettés Lino Ventura, Bernard Blier et Francis Blanche sur les dialogues légendaires de Michel Audiard.Le cinéaste le dirigera à nouveau dans « La Grande Sauterelle » avec Mireille Darc, « Laisse aller, c’est une valse » avec Jean Yanne, ou encore « Flic ou voyou » avec Jean-Paul Belmondo. Habitué des rôles de malfrat ou de bellâtre, on le verra également dans « Le Corniaud » et « La Folie des grandeurs » de Gérard Oury, « Toute une vie » de claude Lelouch ou encore « La Cage aux folles », de Edouard Molinaro.

En 2015, une biographie lui avait été consacrée, dont voici la présentation:

“ Venantino Venantini. Le nom ressemble à un pseudo, mais c’est bien celui de cette gueule du cinéma des années 1960, du plus Français des acteurs italiens qui fut Mickey le Bègue dans Le Corniaud et Pascal, le «porte-flingue» de Lino Ventura, dans Les Tontons flingueurs… Ami intime de George Lautner, il a donné la réplique à de Funès (Le Corniaud, mais aussi Le Grand Restaurant et La Folie des grandeurs), Mireille Darc et Belmondo, tourné avec Dino Risi, Christian-Jaque, Edward Dmytryk, Roger Vadim, Marcel Camus, Edouard Molinaro, Richard Donner et Ettore Scola, et revendique l’honneur d’avoir participé au plus grand des nanars du cinéma comique, Le Führer en folie, avec Michel Galabru.

 

A cette vie d’acteur qui lui permet de faire revivre les plus grands noms du cinéma de Marlon Brando à George Raft, de Fellini à Gloria Swanson s’ajoute une existence ballottée et aventureuse, depuis son enfance dans l’Italie de Mussolini, la guerre et l’arrivée des Américains jusqu’à sa carrière de peintre, à Paris, Rome et New York, encouragée par son mentor… Georges Braque. A quatre-vingt-cinq ans, ce bon vivant à l’énergie inépuisable nous livre le récit d’une vie à son image, haut en couleur et passionné.”

 

Biographie de l’auteur :

Venantino Venantini, quatre-vingt-cinq ans, est acteur et peintre. Il vient de tourner dans le prochain film de Kad Merad, Marseille, et dans Un plus une, de Claude Lelouch, aux côtés d’Elsa Zylberstein et Jean Dujardin, dont il joue le père. Le livre est coécrit par Bertrand Guyard, journaliste culture au Figaro. Préface Laurent Gerra

 

Bertrand Guyard,  Le dernier des Tontons flingueurs : Venantino Venantini, Editions Michel Lafon, Novembre 2015.

 

 

 

 

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