Nighthawks – parodies
C'est le tableau le plus célèbre du peintre américain Edward Hopper : Nighthawks, littéralement Faucons… [Suite]
Nighthawks – parodie 2
Sans doute la plus réussie des parodies de Nighthawks, la plus fidèle à son esprit, la plus nostalgique… [Suite]
Nighthawks – parodie 3
Dans les premiers rôles de ce sympathqiue détournement de Nighthawks, tout le monde aura reconnu les… [Suite]
Nighthawks – parodie 4
Encore une parodie mais "animalière" celle-ci avec des personnages issus de quelque BD ou dessin animé.… [Suite]
Nighthawks – parodie 5
Incendie, meurtre aux alentours et à l'intérieur du bar, isolés dans leur bulle, des personnages indifférents.… [Suite]
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Léo Malet, du surréalisme au polar
Qui était Léo Malet ? À l’orée des années 70, vivant à Celleneuve où il a vu le jour, j’ai tenté de mettre mes pas dans les siens. Mais la piste ne menait pas plus loin que le numéro 6 de l’étroite rue du Bassin aux pavés luisants, près de la vieille église. On y retrouvait, à quelques encablures des rivages de la Méditerranée, cette atmosphère brumeuse qui imprègne les aventures de Burma. Comme si, dès l’enfance, le futur écrivain avait été marqué à tout jamais par ce décor de film de série B. Son nom, à l’époque, ne disait pas grand chose aux habitants du quartier. Ce n’est qu’une dizaine d’années plus tard, à partir de 1981, qu’il fut remis au goût du jour par les illustrations d’un Tardi subtilement accordé à son univers et, plus tard encore, par de savantes analyses de son œuvre. Une œuvre singulière, très personnelle en foi de la formule « Léo Malet ne doit rien à personne, mais le roman policier moderne lui doit tout ». Sa vie, elle aussi, ne ressemble à nulle autre.
Léon Malet est donc né le 7 mars 1909 à Celleneuve, faubourg de Montpellier. Sa mère couturière, son père employé de commerce et son frère succombent tous trois à la tuberculose. Le petit Léon n’est alors âgé que de trois ans. Il est pris en charge par son grand-père, tonnelier, qui lui donne le goût de la lecture. Adolescent, il s’intègre au groupe libertaire de Montpellier, rêve de Paris et d’être chansonnier. Il va le devenir puisqu’il débute le 25 décembre 1925 au cabaret montmartrois La vache enragée. Pour gagner sa vie, il enchaîne les petits boulots : employé, ouvrier d’usine, figurant de cinéma notamment dans Quai des brumes, emballeur chez Hachette. Mais le virus de l’écriture l’a touché : il compose des poèmes et rédige des articles pour diverses publications anarchistes.
Léo Malet envoie des poèmes à André Breton qui l’invite à participer aux réunions du groupe surréaliste. De 1931 à 1940, il s’engage à fond dans le mouvement. Il se liera tout particulièrement avec le poète Benjamin Péret et le peintre Yves Tanguy. Savaldor Dali lui donne la table sur laquelle il écrit presque toutes ses oeuvres. Breton aura toujours une grande importance pour lui, même lorsque devenu romancier il cessera de le voir. Quand on lui demandera comment il a découvert le surréalisme, Léo Malet répondra : « Il y a eu, à la base de cette découverte, une énorme connerie de ma part. Dans les années 1928-1930, comme aujourd’hui, quand on ne comprenait pas quelque chose mais qu’on voulait paraître intelligent, on avait l’habitude de dire : « c’est surréaliste » ou « c’est futuriste », en ignorant parfaitement le sens de ces mots ». En 1941, il est emprisonné pendant huit mois dans un stalag près de Brême. Il est libéré pour raison de santé, après l’intervention d’un médecin admirateur des surréalistes. De retour à Paris, Malet participe à la toute nouvelle collection Minuit consacrée à de faux polars américains, les traductions et la diffusion de livres anglo-saxons étant interdites en zone occupée. Sous les pseudonymes de Franck Harding et Léo Latimer, Malet sort en deux ans Johnny Métal (anagramme involontaire de Malet), Recherché pour meurtre et La Mort de Jim Licking
L’auteur et son double
En 1943, il décide d’écrire un polar français signé de son nom et imagine le personnage de Nestor Burma. Le détective de choc fait son entrée dans l’univers du roman policier avec 120, rue de la Gare. Comme l’auteur, le personnage est né à Montpellier et leurs ressemblances sont nombreuses. Léo Malet disait : « Ce qu’il me fallait, c’était quelqu’un dans mon genre : indépendant, ayant son franc-parler, et … fauché ». Sans oublier la fameuse pipe à tête de taureau que l’un est l’autre fument. Le style vif, l’humour, l’ambiance urbaine plombée qu’affectionne l’écrivain le démarquent d’entrée des auteurs américains. Malet est bien le père du roman noir à la française. Son détective mènera à bien 39 enquêtes. Malet entreprend alors sa Trilogie noire avec La vie est dégueulasse (1948) et Le soleil n’est pas pour nous (1949), achevée vingt ans plus tard par Sueur aux tripes. En 1954, il se lance dans un projet d’envergure : les nouveaux mystères de Paris, vingt romans à la clé, un par arrondissement. Nestor Burma reprend donc du service pour Le soleil naît derrière le Louvre jusqu’à L’envahissant cadavre de la Plaine-Monceau en passant par l’inégalable Brouillard au pont de Tolbiac, qui connaîtra une éclatante seconde carrière grâce au dessinateur Tardi.
À la fin des années 1960, Nestor Burma entame un dernier tour de piste pour quelques titres de la collection Spécial Police. Léo Malet est décédé en 1996 d’une crise cardiaque. Il est enterré au cimetière de Châtillon-sous-Bagneux. Son personnage lui a survécu sous les traits de Guy Marchand dans une série télévisée de bonne facture.
Louis Nucera, le coeur pur
Employé de banque, journaliste, attaché de presse dans une maison de disques, directeur littéraire chez Lattès, Louis Nucera a exercé toutes ces professions. Mais son unique vocation, tardivement accomplie, était celle d’écrivain. Ce n’est qu’à l’âge de 42 ans qu’il publia son premier roman L’Obstiné. À travers son œuvre, il retrace la vie des immigrés italiens (Le ruban rouge), évoque ses amitiés avec Cioran, Kessel, Picasso, Cocteau, Brassens, Moretti (Mes ports d’attache), ou raconte son enfance niçoise (Avenue des Diables bleus). Observateur chaleureux, styliste de haute tenue, Louis Nucera a laissé une vingtaine d’ouvrages.
Le dernier résumait de façon prémonitoire le souvenir que garderaient de lui ceux qui ont approché cet humaniste au contact vivifiant. Dans ce recueil de chroniques, écrites de 1994 à 1999, Louis exprime sa passion pour la littérature, son amour du vélo et des chats. Au fil des pages, on croise Léon Bloy, Marcel Aymé, Jean Cocteau, Alphonse Boudard mais aussi quelques champions cyclistes comme Bartali, Coppi et Vietto. De Montmartre à Nice, en passant par les îles et les paysages qu’il affectionne, Louis Nucera, qui ne se prive pas au passage de fustiger les cuistres, nous entraîne dans un beau voyage où seule l’amitié dicte sa loi. Une somme, le résumé d’une oeuvre et d’une vie.
Louis Nucera est né en 1928. Sa mère, restée veuve alors qu’il n’avait pas cinq ans, l’éleva seule. D’elle, il écrira plus tard : «Le temps a galopé. Mes cheveux sont blancs, mon visage ridé. Il n’empêche que cette peur de décevoir ma mère m’habite toujours.»
Dès l’âge de seize ans, il travaille dans une banque, d’abord comme téléphoniste, rêvant obstinément d’y échapper. Les exemples de Guillaume Apollinaire et de Giono l’y autorisaient. Giono n’avait-il pas exercé ce métier durant dix-huit ans ? L’écriture l’en avait sorti. Et Louis Nucera de confier : « Pourquoi pas moi ? La prétention ne me faisait pas défaut. Le jour je soustrayais, additionnais, multipliais, divisais, pointais, tamponnais, dactylographiais et observais ; le soir, je lisais, écrivais, courais la ville à la recherche de personnages dont je ferais mes délices, entêté à peu laisser perdre de ma vie dans l’espoir de la traduire en phrases. Oui la vocation d’écrire me tenait. Qui pouvait être plus grand qu’un écrivain, avoir plus de force d’âme ?»
Mort à vélo
Tout en travaillant à la banque il effectua dès 1954, son apprentissage de journaliste au quotidien communiste Le Patriote. En cette qualité il se rendit un soir à l’hôtel Ruhl et il y rencontra Kessel. Ce fut le début d’une longue amitié, jamais démentie, comme celle qui devait le lier à Georges Brassesns.
En 1964 il quittait Nice pour Paris. Il avait 36 ans. André Asséo, grand reporter à Radio Monte-Carlo lui avait trouvé un emploi chez Barclay pour un essai de trois mois qui se prolongea neuf ans. En août 1968 il terminait le manuscrit de L’Obstiné commencé fin 1964. Il dit à propos de ce manuscrit : « Spectateur de moi-même j’y avais mis beaucoup de mes fièvres, de mes apaisements.» Préfacé par Joseph Kessel, le livre parut en 1970 chez Julliard.
De l’obstination, il lui en fallut encore avant de décrocher, avec L’avenue des Diables Bleus, le prix Goncourt 1979. Le Chemin de la Lanterne lui valut le prix Interallié 1981. En 1993, le prix de l’Académie Française couronna l’ensemble de son œuvre.
Louis Nucera est mort à vélo, le 9 août 2000, renversé par un chauffard à Carros (Alpes-Maritimes) dans cette arrière-pays niçois qu’il avait si souvent parcouru et célébré. Ainsi disparut celui que Cocteau appelait « le donneur de sang », Kessel « le cœur pur », Brassens « l’honnête homme », et qui figure aux premières places dans mon panthéon intime.
Deux soeurs au piano
Peintes par Renoir, au piano, elles sont aussi mythiques que les Danseuses de Degas ou les Tournesols de Van Gogh. Leurs visages sont des icônes de l’Impressionnisme.
Filles du peintre et collectionneur Henry Lerolle, les belles Yvonne et Christine ont grandi au milieu d’artistes de génie. Renoir, Degas, mais aussi Debussy, Ernest Chausson, ou encore Claudel, Gide et Mallarmé étaient des familiers, toujours enclins à peindre ces deux jeunes filles modèles, à les photographier, à jouer du piano avec elles.
C’est Degas, le peintre préféré de leur père, qui a l’idée de les marier aux frères Eugène et Louis Rouart, les fils de son ami, le collectionneur Henri Rouart.
Issues d’un milieu libéral, elles allaient se heurter au caractère impétueux et sombres des deux énergumènes, pourtant venus comme elles d’une famille éprise d’art, jusqu’à la folie.
Elles avaient tout pour être heureuses… L’amour sera leur grande blessure. Leurs mariages, par des chemins détournés, les conduiront de l’insouciance au désenchantement. Jusqu’à la tragédie.
Derrière les lourds rideaux de ces hôtels particuliers fréquentés par tant d’artistes exceptionnels, ou dans les ateliers des peintres, c’est tout un univers qui renaît avec ses passions et des drames, ses secrets et ses ombres. Ce monde, Dominique Bona le fait revivre dans cette biographie foisonnante, à travers l’aventure de deux sœurs au destin brisé. (éd.Grasset)




