RAYON SUD

Vibrato & notes furtives

Sabine Devieilhe chante Mozart

Mozart fut amoureux des 3 soeurs de la famille Weber au sein de laquelle il vécut longtemps. Véritables symboles de l éveil amoureux du compositeur, Josepha, Aloysia et Konstanze furent ainsi présentes dans toutes les étapes des quatorze années restantes de sa courte vie. Trois femmes, trois muses, trois voix, comme autant de visages de Mozart trouvant sa liberté dans l inspiration de l être aimé, et nous permettant un voyage au coeur de certaines pages vocales les plus bouleversantes, hardies et périlleuses, naïves ou tourmentées : La Reine de la Nuit de La flûte enchantée, la Messe en Ut, ah ! Vous dirais-je maman… Le tout transcendé par la voix de cristal de Sabine Devieilhe.

Il aimait Aloysia, qui en choisit un autre, et fut marié à Constance, qui deviendra son inconsolable veuve, tandis qu’il offrira à Josepha la création du rôle de la Reine de la Nuit dans La Flûte enchantée, deux mois avant sa mort en 1791. Quinze ans auparavant, c’est à Mannheim que W. A. Mozart fait la connaissance des trois soeurs Weber et tombe tour à tour sous le charme de chacune.

Il déploie pour ces muses taquines une série de partitions affolantes qu’il dédicace à l’une, à l’autre ou à la troisième, des pages concertantes comme l’ouverture du ballet Les Petits riens (KV 299b) ou l’air de pantomime de Pantalon et Colombine (KV 446), des airs de concert tels la mignardise enfantine « Ah, vous dirai-je maman » (KV 265) et le délicat « Dans un bois solitaire » (KV 308), une magnifique étude de solfège (KV 393 n° 2) ou, en vue de son mariage, la Messe en ut mineur (KV 427, 1782) dont est tiré le credo Et incarnatus est.

La voix cristalline de Sabine Devieilhe se pose à merveille sur cet air pour soprano solo, accompagnée par l’ensemble Pygmalion dirigé par Raphaël Pichon, qui a eu l’idée de ce programme très original. Révélation des Victoires de la musique classique en 2013, consacrée artiste lyrique de l’année 2015, la jeune cantatrice normande ne cesse de surprendre et d’émerveiller depuis son premier récital consacré à Rameau (Le Grand Théâtre de l’Amour, 2013). Notamment dans « Der Hölle Rache » de La Flûte enchantée à l’Opéra de Lyon comme de Paris, et dans cet ouvrage.

 

2 janvier 2016