Hommage à Jimmy Smith

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Bel hommage que celui rendu au maître de l’orgue Hammond par l’’enfant prodige du blues américain. Guitariste, organiste et chanteur, Lucky Peterson est un habitué des grandes scènes comme Marciac, tout en continuant de fréquenter celles plus intimistes des clubs.

Comme d’autres sont tombés dans la potion magique, c’est dans le blues que Lucky Peterson a plongé dès sa naissance. Son père, James Peterson, possédait l’un des meilleurs clubs de blues et de jazz de Buffalo, le Governor’s Inn. C’est donc très tôt qu’il baigne dans ce qui fait l’essence même de cette musique hypnotique capable de transcender le quotidien et qu’il côtoie des musiciens tels que Buddy Guy, Koko Taylor, Muddy Waters ou encore Junior Wells.

Bluesman nourri de tradition, mais qui a réussi à imposer samarque personnelle, il connaît l’art de porter le public à ébullition. Sa voix, puissante, expressive, son jeu de guitare et ses interventions à l’orgue Hammond sont gorgés d’un swing démoniaque communicatif. Lucky Peterson réussit parfaitement le mariage entre le blues, le rock et la soul.

La belle Rafaela

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A l’occasion de l’exposition Tamara de Lempicka présentée à la Pinacothèque de
Paris, voici trois tableaux représentant le même modèle. Le premier, intitulé Le
Rêve ou Rafaëla sur fond vert, dégage une impression de sensualité et de pudeur,
un érotisme élégant qui résume bien le style de l’artiste.

Autre portrait La Tunique rose de Rafaela. Allongée sur un canapé et vêtue
d’une courte « tunique » rose, comme on appelait alors cette sorte de vêtement, le modèle est aisément reconnaissable.
Comme dans le tableau précédent aux dominantes de vert, les harmonies sont ici
réduites à une couleur majeure et des variations de gris.

Le troisième est un nu voluptueux qui ne répond pas précisément aux canons de
beauté de notre époque. Dans la biographie consacrée à sa mère, Kizette de
Lempicka-Foxhall nous apprend que La belle Rafaëla, titre de ce tableau, aurait
été abordée par Tamara lors d’une de ses promenades quotidiennes et matinales au
Bois de Boulogne.

La jeune femme, présentée comme une nymphomane, pas forcément
vénale, aurait frappé Tamara par sa beauté. « Jamais je ne vis une femme plus
belle – d’immenses yeux noirs, un corps splendide. Je l’arrête en lui disant:
Mademoiselle, je suis peintre, et j’aimerais que vous posiez pour moi.
Accepteriez-vous? Elle répond : ’ Oui, pourquoi pas? ‘ Alors nous
prîmes rendez-vous dans mon atelier. » Tamara fut apparemment très satisfaite de
son modèle, puisqu’elle la fit poser pendant plus d’un an.

Gen Paul à Montmartre

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Ses amis l’appelaient Gégène ou Popaul, Louis-Ferdinand Céline dans Féerie pour une autre fois  l’a surnommé Jules. Moi je l’ai toujours appelé Gen Paul. J’avais du respect pour lui. Je le considérais un peu comme le père qui m’avait manqué.

Ainsi commence le récit de Chantal Le Bobinnec qui, entre 1950 et 1964, fit partie du cercle des amis du peintre montmartrois né rue Lepic en 1895. Ayant appris à jouer de la guitare avec Alexandre Lagoya qui se produisait au Lapin Agile, elle intéressait Gen Paul qui était passionné de musique et avait joué du cornet à piston au cirque Médrano. C’est ainsi que Chantal entra dans l’intimité du peintre qui, sous un caractère colérique, aggravé par l’abus d’alcool, cachait infiniment de tendresse. Bientôt elle devint une habituée de l’atelier de l’avenue Junot, participant aux repas et aux fêtes les plus folles. Elle y côtoiera une faune typiquement montmartroise mêlant peintres, écrivains, acteurs, compositeurs, et y croisera nombre de célébrités, comme Daragnès, Marie Bell, Fernand Ledoux, Charles Aznavour, Francis Lai, Marcel Jouhandeau, Marcel Aymé,… sans oublier les joyeux musiciens, les francs buveurs et autres personnages pittoresques rompus à l’argomuche ; toute une bohême bon enfant que Chantal restitue avec verve.
Elle retrace l’itinéraire de Gen Paul, enfant de Montmartre, qui se souvenait de Toulouse-Lautrec, de la Goulue et du Désossé, comme du clown musicien qui avait commencé sa carrière au cirque, du soldat parti pour la guerre où, en 1915, il sera amputé d’une jambe, de la révélation de la peinture et des premières œuvres. Et comment ne pas parler de Céline, que Gen Paul rencontra dans les années 1930, et de leur longue amitié ? Amitié tumultueuse qui ne survivra pas à la guerre et aux accusations délirantes de l’écrivain. Enfin comment ne pas évoquer Utrillo, l’autre peintre montmartrois qui, avec Gen Paul, incarna au XXe siècle la poésie de la Butte ? (éd. de Paris – Max Chaleil, présentation de Claude Duneton)

La Ronde de nuit – Rembrandt

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Sans doute le tableau le plus célèbre et le plus controversé de Rembrandt. Son titre, La ronde de nuit, ne lui a été donné qu’au début du 19eme siècle. Le titre original, attesté dans la famille du capitaine Banning Cocq sur une esquisse de la peinture, était bien moins sobre : « Scène peinte de la grande salle des arquebusiers de l’hôtel Doelen, dans laquelle le jeune Heer van Purmerlandt [Banning Cocq], transmet ses commandements à son lieutenant, Heer van Vlaerderdingen [Willem van Ruytenburch] »

The night watch Rembrandt 1642 Huile sur toile, 363 x 437 cm Rijksmuseum, Amsterdam

Le tableau commandé pour être accroché dans la salle de banquet de la nouvelle construction qui allait servir de salle de réunion et de banquet aux gardes civils alors au sommet de leur réputation pourrait ainsi s’intituler : La compagnie de Banning Cocq et Willem van Ruytenburch.
De plus le vernis apposé sur la peinture a beaucoup noirci et le tableau représente une scène à la tombée du jour et non pas de nuit. Au premier plan, le commandant Banning Cocq est vêtu de noir tandis que son lieutenant est habillé de jaune. Tout en conversant, le commandant donne à son lieutenant l’ordre de faire marcher la compagnie au pas.
Sur un bouclier au-dessus de la porte se trouvent les noms de 18 gardes représentés. Une compagnie comptait davantage de membres et le tableau représente plus d’une trentaine de personnages, ajoutés par Rembrandt afin de rendre la peinture plus vivante. Néanmoins seuls les gardes civils qui payaient pouvaient reconnaitre leurs traits sur les portraits de groupe. Deux personnages situés sur le côté gauche ont disparu lorsque le tableau à été déplacé pour rejoindre l’hôtel de ville d’Amsterdam en 1715… et découpé pour « s’adapter » à son nouvel environnement entre deux colonnes. Il n’est plus possible de mettre un nom que sur quelques-uns des visages.

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